Société

Justice : Un non-lieu en faveur d’Hervé Patrick Opiangah

L’homme d’affaires et ancien membre du gouvernement gabonais, Hervé Patrick Opiangah, ne fait désormais plus l’objet de poursuites judiciaires dans l’affaire d’atteinte aux mœurs qui avait suscité une vive attention de l’opinion publique ces derniers mois. Le parquet de Libreville a annoncé, jeudi 12 mars 2026, l’abandon de la procédure engagée contre lui, faute d’éléments probants.

L’information a été rendue publique par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou, lors d’une déclaration officielle devant la presse. À l’issue de l’instruction, la justice a conclu à un non-lieu, estimant que les charges avancées dans le dossier ne permettaient pas d’établir la responsabilité pénale de l’ancien ministre.

Selon le magistrat, les investigations menées dans le cadre de cette procédure n’ont pas permis de réunir des preuves suffisantes pour étayer les accusations formulées par l’ex-compagne de l’intéressé, Lucie Biloghe. « La décision de non-lieu est motivée par l’insuffisance de preuves à l’encontre de l’ancien membre du gouvernement », a précisé le procureur de la République.

Une affaire très médiatisée

Cette procédure judiciaire avait suscité un large débat au sein de l’opinion publique gabonaise en raison de la notoriété de l’accusé, ancien député du deuxième siège du département de la Lébombi-Léyou et figure connue du paysage politique et économique national.

Dès l’ouverture de l’enquête, Hervé Patrick Opiangah avait fermement contesté les accusations portées contre lui, dénonçant des allégations qu’il jugeait infondées. Sa défense avait, à plusieurs reprises, appelé à la prudence face aux conclusions hâtives, affirmant que l’enquête permettrait d’établir la vérité des faits.

La décision rendue par la justice met ainsi un terme à cette procédure, qui aura duré plusieurs mois et alimenté de nombreuses réactions dans l’espace public.

Restitution des biens saisis lors de l’enquête

La décision de non-lieu entraîne également des conséquences matérielles pour l’ancien ministre. Les autorités judiciaires ont en effet annoncé que les biens saisis à son domicile au cours de l’enquête devront lui être restitués.

Lors d’une perquisition menée dans le cadre des investigations, les forces de l’ordre avaient procédé à la saisie de plusieurs objets de valeur. Parmi ceux-ci figuraient notamment des montres de luxe, des écrans plasma, des sommes importantes en numéraire ainsi que divers effets personnels. L’ensemble de ces biens avait été évalué à près d’un milliard de francs CFA.

Selon le procureur de la République, ces objets avaient été placés sous la responsabilité du Trésor public pendant la durée de la procédure, conformément aux dispositions en vigueur dans ce type d’affaires.

Une saisie contestée par les avocats de la défense

La question de la saisie et du dépôt de ces biens avait toutefois été au cœur d’une polémique entre la défense de l’ancien ministre et les autorités judiciaires. Les avocats d’Hervé Patrick Opiangah avaient publiquement contesté la régularité de cette procédure.

Lors d’une conférence de presse organisée au cours de l’instruction, ils avaient notamment remis en cause la valeur juridique d’une quittance du Trésor public produite par les autorités pour attester du dépôt des biens saisis.

Selon eux, un tel document ne pouvait se substituer aux actes juridictionnels encadrant normalement une procédure de confiscation ou de dépôt d’objets dans le cadre d’une enquête judiciaire. « Le dépôt d’objets au Trésor public intervient normalement à l’issue d’une procédure judiciaire complète, contradictoire et formalisée par des décisions juridictionnelles », avaient-ils soutenu.

Avec la décision de non-lieu prononcée par le parquet de Libreville, l’affaire judiciaire visant Hervé Patrick Opiangah se referme officiellement, mettant fin à plusieurs mois de procédure et de controverse autour de ce dossier sensible.

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